Ecouter de la musique de « merde », un acte féministe.

Féminisme

Depuis des années, à chaque fois que je parle de mes goûts musicaux, je qualifie certains styles tels que la pop comme étant de la musique de « merde ». Sauf qu’un jour, mon copain m’a demandé après que je lui ai présenté une énième artiste que j’adore en décrivant son style comme étant nul: « pourquoi trouves-tu que c’est de la merde ? ». C’est là que j’ai compris que je me dévalorisais tout en dévalorisant les artistes que j’apprécie.

Parce que, comme toutes les femmes et minorités de genre, j’ai grandi dans un monde où la musique est régie par les hommes. Que ce sont eux qui décident si un genre est légitime ou non.

Alors pourquoi considérons-nous certains genres musicaux comme étant de mauvais goût ? Serait-ce en réalité un acte militant et profondément féministe que de les écouter ?

Dans un épisode du podcast Les Couilles sur la Table (En musique, les hommes donnent le « la »), on apprend que les filles à l’adolescence écoutent plus de musique et plus tôt que les garçons, qu’elles vont d’ailleurs aussi plus tôt que ces derniers aux concerts.

Pourtant, nous vivons dans un monde où l’expression des émotions au travers du chant n’est pas valorisé. Ce qui l’est, c’est la technique. Et ça, c’est le crédo des hommes. On préfère débattre des connaissances sur le matos, des meilleurs musiciens, plutôt que les échanges autour des textes, des mélodies et chorégraphies réservés aux personnes féminisées. Ce qui fait alors que beaucoup de femmes préfèrent ne pas parler musique en compagnie d’hommes.

On glorifie alors des genres tels que le rock ou le jazz avec des riffs de guitare ou des solo de batterie de dingue et on tourne en ridicule tout le reste et surtout la pop music.

Pourtant, la majeure partie des chanteuses pop savent jouer d’au moins un instrument de musique. La plupart du temps elles sont aussi bien autrices que compositrices ce qui demande un travail énorme. Elles ne se contentent pas de chanter et de se pavaner sur scène comme aimeraient le faire croire certains. Apprendre des chorégraphies pour un spectacle entier demande autant d’investissement que connaître une setliste sur le bout des doigts. Ca n’est juste pas valorisé dans une société patriarcale et viriliste comme la notre.

Aussi, de grandes musiciennes ont déjà partagé les tournées d’artistes masculins à la renommée mondiale telles que Rhonda Smith (bassiste – Prince), Orianthi (guitariste – Alice Cooper), Tal Wilkenfeld (bassiste – Jeff Beck) ou Cindy Blackman (batteuse – Lenny Kravitz). Elles restent cependant une minorité à accéder à de telles scènes…

Article issu d’un post à l’origine destiné au compte Instagram @lilyfairly

Ressources

« Pourquoi ta meuf ne parle jamais de musique avec toi » par Le Parterre

« Egalité femmes/hommes dans la musique actuelle : « tout passe par la formation » » par l’Ecole du Spectacle

« De nouveaux modèles de virilité: musiques actuelles et cultures urbaines » par Yves Raibaud

« En musique, les hommes donnent le « la » » par Les Couilles sur la Table

« La place des femmes dans la musique et le spectacle vivant » par IRMA asso

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