Est-ce végan de manger des tomates ?

écologie, Véganisme

Faisant partie intégrante de la cuisine méditerranéenne, la tomate est évidemment consommée par la communauté végane sous toutes ses formes. Mais vous êtes-vous déjà demandé comment elles étaient produites ? Seraient-elles vraiment véganes ?

Avant-propos

A l’attention des personnes véganes : ce post n’a pas pour but de culpabiliser ou d’incriminer un mode de vie que vous avez choisi en faveur du vivant.

A l’attention des personnes non véganes et mal intentionnées qui voudraient se servir de ce post pour discréditer les vegans : vous participez très certainement à bien pire que ce dont il s’agit dans cet article.

Il ne s’agit rien d’autre que d’une réflexion sur la façon dont sont produits nos légumes et dans le cas présent, nos tomates.

Savez-vous à quoi ressemble une fleur de tomate, comment elle se compose et surtout comment elle est pollinisée ?

Une fleur de tomate a les mêmes organes que n’importe quelle autre fleur monoïque (en ancien grec : Mono = « une seule » et -oïkos = « maison » qui a donc des fleurs mâles et femelles sur le même pied) et hermaphrodite dont les deux organes reproducteurs se trouvent sur la même fleur.

Elle a des sépales, des pétales, des étamines (parties mâles) et un pistil (organe femelle composé du stigmate, du style et de l’ovaire renfermant les ovules). Sa particularité se trouve au niveau des parties reproductrices mâles. En effet, les étamines sont soudées entre elles et conservent les grains de pollen à l’intérieur de la fleur. L’ouverture à l’extrémité est alors très petite et rares sont les insectes qui peuvent s’y aventurer. (voir illustration ci-dessous)

Heureusement, il y en a un qui a une technique bien rodée pour récupérer le pollen avec lequel il nourrira sa progéniture, ses ouvrières et sa reine, c’est le bourdon terrestre (Bombus terrestris) ! Cet insecte tout rondouillard que les enfants adorent voir voler parmi les fleurs a une méthode spéciale qu’on appelle « pollinisation vibratile ». Il va en effet faire vibrer les muscles de ses ailes pour faire tomber les grains de pollen des fleurs (de tomates en l’occurrence) et les agglomérer sur ses pattes arrières jusqu’au retour à la ruche.

En tombant, certains grains de pollen vont s’accrocher au stigmate et développer ce qu’on appelle un tube pollinique qui ira percer l’ovaire et féconder les ovules de la fleur. Si les tomates peuvent se féconder toutes seules, le résultat est bien plus intéressant en terme de productivité avec l’aide des bourdons.

Mais alors, qu’est-ce qui pose problème avec la pollinisation par les bourdons ?

C’est vrai qu’on pourrait tout à fait se dire que c’est naturel, qu’une grosse partie des plantes à fleurs est pollinisée par les insectes (le reste, c’est le vent qui s’en charge) et que sans, et bien… ça serait compliqué !

Seulement voilà, lorsqu’il s’agit d’agriculture sous serres, les bourdons ne viennent pas naturellement faire vibrer les fleurs de tomates. A l’instar des abeilles pour la production de miel, des ruches de bourdon terrestre sont installées dans les serres de tomates dans l’unique but de féconder les plantations. Et comme il s’agit de monoculture et que les fleurs de tomates ne produisent pas de nectar, une solution sucrée est donnée aux ruches pour pallier ce manque d’énergie nécessaire.

A quelle échelle ce type de production est-il répandu ?

Selon le Président de l’AOPn (Association d’organisations de producteurs nationale), 85% de la production française de tomates se passe sous serre et 1 tomate sur 8 pousse sous serre chauffée. C’est dire qu’il est compliqué de trouver des tomates qui ne dépendent pas de l’élevage des bourdons pour leur production. Seules les tomates issues de potagers, partagés ou individuels, sont à l’heure actuelle garantis sans exploitation animale.

Peut-on faire autrement ?

Si la mécanisation de la pollinisation a un coût financier, la solution serait, pour commencer, d’arrêter la production en serres chauffées. D’autant plus qu’elles ne respectent ni l’environnement, ni le cycle naturel des bourdons.

Aussi, si l’utilisation de pesticides est réduite pour les serres utilisant des bourdons pour la pollinisation, elle n’est pas pour autant inexistante et en plus de polluer, ces produits mettent la santé des colonies et des humains qui y travaillent en danger.

Dans un monde idéal, on arrêterait la monoculture, la production sous serres et on mélangerait les espèces qui apporteraient de la biodiversité, se protègeraient mutuellement et seraient pollinisées naturellement. Mais le système agricole que nous connaissons peine pour le moment à sortir de ce modèle.

Sources

« Pollinisation de la tomate par les bourdons : c’est tout naturel » par le réseau RAP 8 juin 2020

« Serres de tomates, une filière énergivore et très concentrée » Reporterre par Marie Astier 13 novembre 2020

« Pollinisation par les bourdons : technique de la pollinisation vibratile » Youtube par Koppert Biological Systems

Illustration de couverture issue de Wikimedia commons Titre : Our Kitchen Bouquet par William Harring approximativement 1861-1897 Localisation : Boston Public Library, Print Department Droits: Pas de restriction connue

« Coupe transversale d’une fleur de tomate » illustration par Lily Fairly

Autres illustrations issues de la version payante de Canva.

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