La place des femmes dans le milieu du rock

Féminisme

En cette journée de lutte pour les droits des femmes, je voulais aborder un sujet qui me touche directement puisque c’est dans ce mouvement musical que je suis née, que j’ai été élevée, que j’ai grandi et qui m’a aussi quelque peu dégoutée.

Je suis née dans une famille de passionné.e.s du mouvement punk et new wave. Si en grandissant, je me suis intéressée à d’autres styles musicaux, le rock fait partie de mon ADN. Et pourtant, ce milieu est on ne peut plus misogyne, sexiste et ne laisse quasiment aucune place aux femmes (et encore moins aux membres de la communauté LGBTQIA+). Le rock c’est un milieu de « vrais mecs ». « Sex, drugs & rock’n’roll » comme on dit. Tant pis pour l’intégrité des autres.

L’ABUS DU CORPS DES FEMMES EN CONCERT

Si j’ai vite renoncé à slammer en concert (cette action de se faire porter par les autres pour avancer allongé.e dans la fosse), c’est parce que j’étais dégoutée des mains baladeuses.

Un comportement intolérable qui a même déjà été dénoncé par un de mes chanteurs préférés, Sam Carter du groupe Architects. En effet, durant un de leurs concerts, l’artiste a remarqué un homme attrapant le sein d’une femme en train de slammer. Il a aussitôt demandé aux autres musiciens d’arrêter de jouer pour dire qu’il ne tolérait pas ce genre d’agissement.

Des situations pareilles font que nombre de femmes ne vont pas en concert pour les éviter. Et c’est inadmissible.

LA « GROUPIE », LE TOP DU SEXISME

Si ce terme existe dans tous les mouvements musicaux, on remarque tout de même que le rapport à la groupie est exacerbé dans le rock.

Je me souviens avoir déjà dit avec ma meilleure amie « nous on est pas des groupies, on est des groupeuses, c’est les amies des musiciens » parce qu’on avait trop peur d’être perçues comme des morceaux de viande ambulants.

Les femmes aux concerts ne sont considérées que comme des meufs qui sont uniquement là pour avoir des rapports sexuels avec les musiciens.

On remarque que les groupies c’est vraiment un truc utilisé par les hommes cisgenre. Je ne pense pas qu’il y ai de femmes musiciennes qui aient ce comportement ou alors il est marginal.

SE FAIRE HUER PAR UN PUBLIC MAJORITAIREMENT MASCULIN

En 2012, le groupe The Kills (Alison Mosshart et Jamie Hince) ont fait les frais d’un lynchage d’une violence sans précédent.

En effet, le duo avait été choisi pour ouvrir le concert du stade de France du célèbre groupe Metallica. Si le style musical n’a rien à voir avec Metallica, le groupe avait cependant été choisi par le batteur du groupe lui-même, Lars Ulrich, parce qu’il apprécie sincèrement leur musique.

L’étroitesse d’esprit des 50 premiers rangs du stade qui se sont permis de montrer un doigt d’honneur au groupe pendant son set laisse entrevoir un esprit peu ouvert, mais surtout la permission de comportements virilistes et irrespectueux que l’on ne verrait très certainement pas dans d’autres courants musicaux.

DEVOIR PROUVER SA VALEUR EN TANT QUE MUSICIENNE OU QUE MELOMANE

Les récits de musiciennes ayant subis le dénigrement de la part d’autres musiciens sont nombreux et on l’entend beaucoup dans le podcast Heavystériques.

Les musiciennes sont obligées de prouver qu’elles savent vraiment jouer d’un instrument, quand elles sont à l’affiche de concerts et qu’elles vont demander des tickets consommations on leur répond que « c’est pas pour les meufs des musiciens » sous entendant que c’est pas possible que la personne que le barman a en face de lui soit musicien.ne, etc.

Aussi, tester les connaissances musicales d’une femme ou d’une personne non binaire est très fréquent et on remarque que c’est toujours des hommes cis genre qui le font.

UN MANQUE TOTAL DE VISIBILITE

Il y a quelques mois, je vous avais demandé de me nommer des groupes composés de femmes et/ou personnes LGBTQIA+ et vous vous étiez rendu compte que vous en connaissiez très peu voir pas du tout.

Le monde du rock appartient tellement aux hommes cisgenre qu’il est difficile pour les femmes et personnes non binaires de se faire une place et surtout d’accéder à autant de renommée que les groupes masculins.

Lorsque vous écoutez du rock sur les plateformes musicales, c’est très rare que l’on vous propose des artistes féminines ou alors c’est Patti Smith, PJ Harvey, Janis Joplin, bref les rares meufs qui ont réussi à percer à l’époque mais celles d’aujourd’hui sont quasi inexistantes aux yeux de ces plateformes.

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